Le pays de Tarascon

 

 

 

Les Eglises

 

 

 

L' ÉGLISE SAINT-MICHEL

L' église Saint-Michel fut construite à partir de 1382 et n'était autre que la chapelle du cimetière. Sa grande tour à créneaux, haute de plus de 24 mètres, prouve qu'elle avait aussi un rôle défensif. Elle fut occupée par les Catholiques en 1561, pour la célébration de leur culte jusqu'au 2 mars 1599, date à laquelle elle redevient chapelle du cimetière. Il n'en reste aujourd'hui que la tour, visible de très loin, qui a été classée monument historique le 21 décembre 1938. Des fouilles récentes y ont mis à jour des sarcophages.

 

L' ÉGLISE DE LA DAURADE

L' église de la Daurade fut construite sous Henri II, 1547-1559, sur les ruines d'une église plus ancienne. Elle tire son nom de la statue dorée qui orne la chapelle de gauche (Daurado, en Patois). Elle possède cinq tableaux datant du XVIII ème siècle et deux bancs à dossiers en chêne sculpté représentant des fleurs entrelacées, œuvre dûe à un artisan anonyme du XVII ème siècle. De l'ancienne église il ne reste que la porte d'entrée qui date du XIII ème siècle.

 

L' ÉGLISE SAINTE-QUITTERIE

Il a existé trois églises Sainte-Quitterie. La première fut emportée par les inondations de 1622 ; elle existait depuis 1220. La deuxième, construite en 1622, fut détruite par les inondations de 1772. L'actuelle Église Sainte-Quitterie a été construite en 1793.

L' ÉGLISE DE SABART

L'église de Sabart, dite "Notre Dame de la Victoire", fut édifiée au VIII ème siècle, suite à la victoire des troupes de Charlemagne sur les Sarrazins le 8 Septembre 778. La légende raconte qu'après la bataille livrée dans la plaine de Tarascon, le cheval de Charlemagne s'arrêta net à la lisière de la forêt et refusa d'avancer alors que les soldats de l'Empereur poursuivaient les rescapés de l'armée Arabe. Étonné par l'attitude de son cheval, Charlemagne fit creuser le sol à cet endroit et découvrit une statue de la vierge noire. Il fit alors construire une église à cet emplacement, en remerciement de sa victoire.

Mais il est peu probable que ce fut Charlemagne en personne qui livra bataille à Tarascon, car il se trouvait en Août 778 aux alentours de St-Jean-Pied-de-Port, situé à 350 Kms de là. Il s'agissait vraisemblablement d'un de ses pairs, à la tête de soldats Lombards, peuple germain qui occupait le nord de l'Italie, que Charlemagne avait envahi et placé sous ses ordres.

En 865, L' église de Sabart fut en partie détruite, puis reconstruite en 1104 et mise à la disposition d'un Recteur, M. Raphaël de Mérigard. En 1345, elle sert de prison. Pendant les guerres de religions, les protestants du Sieur d'Audou mettent le feu à l'église. Elle sera reconstruite par M. Martial Rivière, Recteur de Sabart, en 1624. Le 22 Mai 1846, elle est classée monument historique, et ses vitraux le 5 Juin de la même année.

L' église de Sabart de style roman est remarquable pour ses restes Carolingiens : fondements, abside et absidioles en cul de four, gros piliers carrés, voûte, etc... Mais elle possède surtout les plus anciens vitraux du Midi de la France, datant du XIII ème siècle, ils ont survécu aux incendies et aux destructions. Ils représentent la vie de Saint-Pierre : l'enseignement de la parole divine et la guérison du boiteux de naissance. Ils provenaient de l'Oratoire Saint-Pierre détruit par les Protestants en 1561.

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L' ÉGLISE SAINT PAUL D'ARNAVE

 

La Chapelle d'Arnave est peut-être la plus antique de la région. Elle daterait du X ou Xlème siècle. Elle est du plus pur style roman. Elle a été totalement vidée par peur de pillage. Seul reste un petit sarcophage devant l'autel qui aurait contenu les restes d'un corps Saint, honoré par deux pèlerinages le 26 janvier et le jour de Saint Pierre-Paul. Au fond de la Nef, une plaque de marbre marque l'emplacement de la tombe de Jules d'Ancelin, Baron de Labaume, propriétaire de la chapelle.

De dimensions réduites, l’église est composée d’une nef unique s’ouvrant sur une abside quadrangulaire voûtée, d’un berceau surbaissé reposant sur des arcs doubleaux. A l’extérieur ces dispositions sont marquées par des arcatures. Sur la nef a été lancée une voûte de forme légèrement brisée. Al’extérieur, le mur ouest est marqué par un motif taillé inspiré des bandes lombardes du premier art roman méridional. Un portail s’ouvre sur le mur sud du même type que celui de Mercus mais sans sculpture. Le clocher est élevé sur le chœur et ouvert d’un étage d’arcades géminées. Le chœur et l’abside sont ornés de chapiteaux. Leur décoration évoque des feuillages très schématisés. Les talloirs sont ornés de damiers, cercles et entrelacs datant du Xiè siècle.

Il est probable que la chapelle ait été construite sur un site païen. Le petit cabanon, au premier plan sur la photo, abrite une pierre noire réputée miraculeuse . Elle avait, dit-on, le pouvoir de guérir les épileptiques. Après une journée de prières, le malade dormait une nuit la tête sur la pierre noire, bénéficiant ainsi de son irradiation. Un registre, perdu à la Révolution, comptabilisait les guérisons. Depuis 1833, deux guérisons ont été attestées par le curé d'Arnave, le père Estebe.

L' ÉGLISE SAINT LOUIS DE MERCUS

Le village est situé en aval de Tarascon, sur la rive droite de l'Ariège. L'église est construite sur un promontoire de granité. On pense que ce lieu privilégié avait été choisi comme emplacement pour un temple païen. D'abord placée sous la protection de Saint -Genest, elle devint l'église Saint-Louis. Prieuré de Saint-Sernin de Toulouse au XIè siècle, elle sera rattachée au nouveau prieuré de Miglos fondé en 1299. Saint-Louis est divisée en trois nefs qui s'ouvrent sur une abside centrale assez profonde épaulée de deux absidioles latérales. Les murs épais sont contrebutés par des contreforts. Le chevet est monté en moellons qui contrastent avec le bel appareil taillé des murs latéraux. Cela est dû à des rénovations du XlXe siècle, l'église ayant été agrandie vers l'Ouest (le portail fût déplacé à cette époque). Tout l'édifice est voûté. Le chœur est mis en valeur par deux piles circulaires maçonnées ; ce procédé peu classique doit être mis sur le compte des essais de voûtements. Il y a un important décor sculpté intérieur. Les chapiteaux, aux entrées des absides présentent des motifs ornementaux imitant la volute ou les feuilles corinthiennes antiques qui appartiennent au XIe siècle. La grande particularité de Mercus est son portail Sud sculpté. Les voussures retombent sur des chapiteaux dont le décor imite le vocabulaire antique mais le style est grossier et schématisé à l’extrême. Il est couronné d'une corniche ornée de modillons représentant des masques d'animaux. Ceux-ci sont touchants de naïveté, même si la sculpture n'est pas d'une grande qualité. On a l'habitude d'y voir des animaux sauvages tels des ours ou des loups. Il en est un de plus belle qualité dont le thème est plus diabolique..., le dernier représente un masque humain. Ce portail appartient au Xlle siècle.

 

L' ÉGLISE SAINT HILLAIRE DE MIGLOS

On admettrait aujourd'hui que le nom de Miglos ne serait que la transcription grecque du terme hébreu Migdol, signifiant la tour, la forteresse, et qui s'applique à beaucoup de localités fortifiées de la Syrie méridionale. Ce nom s'est d'ailleurs écrit de différentes façons au début du Moyen Age. En latin on relève : Merglosio Meglosio, Milglosio, Miglosio ; en roman : Merglos, Melglos, Milglos, et enfin Miglos. La commune de Miglos, sise dans la vallée de Vicdessos, entre Tarascon et Vicdessos, est formée par la réunion de plusieurs hameaux dont les quatre principaux sont : Arquisat, Axiat, Norrat et Norgeat. Le premier, le plus important, comporte l'église paroissiale. Celle-ci fut restaurée au début du XIVè siècle sur les restes d'une église bien plus ancienne qui avait appartenu à l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse. Cette vieille église est déjà mentionnée parmi celles dont fait état la bulle d'excommunication lancée en 1097 contre les usurpateurs des biens de Saint-Sernin. Quelques sept ans après, vers l104, comme nous l'avons vu pour Mercus, Pons Azémar et ses frères Olivier et Bertrand, restituaient l'église de Miglos qu'ils avaient usurpée. En l25l, Pierre, seigneur de Miglos, confirma l'abandon à l'abbaye de Toulouse des dîmes et autres droits qu'il possédait sur l'église. Le sanctuaire de Miglos dépendit tout d'abord du prieuré de Vicdessos. Plus tard, en 1299, un prieuré crée à Miglos eut pour annexes les églises de Mercus, Arinhac Malpas( Bompas). Au XVIe siècle Miglos redevint annexe du prieuré de Vicdessos. La présentation du recteur appartenait à l'abbaye de Toulouse, et la domination à l'évêque de Pamiers.

L'église de Miglos, édifiée sur un plan semblable à celui de l'église d'Unac, est d'une construction moins soignée. Elle comprend trois nefs voûtées en berceau cintré datant du XIVè siècle . Lors d'une reconstruction partielle, la nef méridionale ne fut pas prolongée jusqu'à la façade, et l'angle qu'elle forme avec la nef centrale, occupé aujourd'hui par une croix, a été provoqué par la disparition d'anciennes dépendances qui occupaient cet espace. Les arcs doubleaux saillants ne portent aucune décoration. Aux trois nefs correspondent trois absides voûtées en quart de cercle ; celle du milieu, un peu plus profonde, est précédée d'une travée formant un transept et voûtée en berceau. Absides et travée datent du XIIe siècle. Le clocher est étroit et carré de la base au sommet, sans ornements ni ressauts. Il se dresse, au sud, au-dessus de la première travée de la petite nef, et son rez-de-chaussée occupe celle-ci entièrement. Analogue à ceux de Mérens et d'Unac, il dut être utilisé autrefois comme poste de guetteur. La nef ne fut voûtée qu'en 1309 : le 3 août de cette année, Roger d'Alsonne, chapelain de Miglos, de concert avec les marguilliers de la vieille église, traite au nom de la communauté avec Bernard (ou Arnaud) de Savignac, maçon de Tarascon, pour construire deux arcs et cinq piliers de pierre et de ciment, une voûte en pierre et en ciment recouverte d'ardoise, puis pour démolir l'arceau le plus proche de l'autel et le reconstruire pour le raccorder avec la voûte. Cette reconstruction du XIVè siècle fut habilement exécutée à l'imitation des formes romanes, et on se croirait devant un monument plus vieux de deux siècles.

Un modeste artisan maçon ne devait pas être bien qualifié pour s'engager dans les constructions de l'art ogival, d'autant plus que les ressources bien réduites dans cette région de montagnes ne permettaient pas des dépenses importantes. Le maçon ne reçut, comme salaire, que la simple jouissance, pendant 32 ans, de deux prairies arrosées. Il n'empêche que l'église de Miglos est assez remarquable par son aspect imposant et sévère, par sa simplicité même ,qui lui a permis de résister à toutes les injures du temps et des tempêtes. En 1711, le chapitre de Saint-Sernin de Toulouse fit don au vicaire perpétuel de Miglos de divers ornements et d'un tableau représentant le Christ, la Vierge et saint Hilaire, patron de l'église. Ce tableau était destiné au maître-autel ; il est aujourd'hui dans l'abside méridionale, avec un élégant rétable. A cette époque le vicaire perpétuel de Miglos ne recevait après avoir formulé plusieurs réclamations, que l10 livres d'argent et, comme dîme, que le tiers des fruits de la terre. Malgré ces modestes ressources il était dans l'obligation de s'adjoindre un vicaire.

 

L' ÉGLISE SAINT MARTIN DE BEDEILHAC

La petite église de Bédeilhac avait été construite primitivement sur un plan très simple, comme la plupart des églises romanes de la région : elle ne comprenait qu'une seule nef qui a été beaucoup remaniée à la fin du XIXè siècle, des arcades ayant été percées afin de mettre en communication cette nef et les bas-côtés. La nef était suivie d'un chœur que terminait une abside semi circulaire, voûtée en quart de sphère, ou cul-de-four, et un peu plus étroite que la nef. Le chœur était voûté en berceau, mais cette voûte et celle de l'abside sont fortement déprimées, par suite d'un tassement, semble-t-il. Les murs sont dépourvus de contreforts, en raison sans doute de leur grande épaisseur. L'abside est construite en pierres d'appareil, et la construction est soignée. Elle prenait le jour par trois petites fenêtres en plein cintre, étroites, largement ébrasées vers l'intérieur. Celles-ci ont été agrandies. La porte s'ouvrait vers l'ouest dans l'axe de la façade. Lors des percements des murs pour ouvrir des arcades, on mit au  jour deux espaces vides mesurant 2,50 m de longueur et 0,30 m de hauteur. On s'est interrogé sur leur destination, mais il ne semble pas qu'il s'agisse des tombeaux. La longueur totale, mesurée à l'intérieur de l'édifice : nef,choeur et abside, est de 21,35 m ; la nef seule mesure 15,50 m de long et 6,57 m de large. L'église de Bédeilhac est placée sous le vocable de saint Martin, ce qui semble être une preuve de l'ancienneté du sanctuaire, car ce fut le saint le plus particulièrement invoqué pendant l'époque mérovingienne. Le village de Bédeilhac est situé sur la route de Tarascon à Saint-Girons dans une vallée des plus pittoresques, et non loin de la célèbre grotte préhistorique qui lui a emprunté son nom. Il est dominé au sud par un immense piton qui supporte encore un dernier vestige du château féodal de Calamès.

L' ÉGLISE SAINT NICOLAS DE SURBA

 

Surplombant la vallée de la Courbière, l'église Saint-Nicolas présente un plan simple. Une large abside semi-circulaire s'ouvre sur une nef tout aussi spacieuse. Ces dimensions importantes ne permettaient pas au Moyen -Age une couverture voûtée (la voûte actuelle appartient au XIXe siècle), Toutes les fenêtres sont soulignées par des arcs à deux rangées de claveaux typiques du premier art roman méridional. Au XVIIe siècle, l'église est parée d'un retable en bois doré dont le thème principal est la Crucifixion. Ce retable remarquable a été hélas fortement endommagé en 1976, comme d’ailleurs l’ensemble de l’édifice, lors de l’enlèvement par un ouragan du toit " nouvellement réparé ".

 

L' ÉGLISE SAINT PIERRE D'ORNOLAC

Saint Pierre d’Ornolac possède un chœur tripartite trèfle. Cette forme adaptée de l’architecture funéraire antique, reprise ensuite à l’époque wisigothique, trouve son origine en Catalogne ou l’on trouve de nombreux édifices présentant les même caractères. Saint Pierre par son appareil de moellons est caractéristique du premier art roman méridional.

 

 

 

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